Histoire de chatte  

kamatela 59M
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9/2/2006 1:02 pm

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9/3/2006 9:03 am

Histoire de chatte

Sous ce titre volontairement racoleur (du genre, vous voulez du cul; en v'la!!) sur un site un peu leste et un peu sexe, se cache un billet sur les félins, les chats, les matous, les minets et minettes, animaux de compagnie préférés de Léautaud, Brassens, Colette
L'ami des chats leur ressemble : indépendant, susceptible, charmeur, électrique, racé, coquet, silencieux, fier, calin,ombrageux, un éclair dans la course, douceur et calme dans le repos, une eau qui dort, une peluche qui se transforme en boule de nerfs offensive
Mes parents partaient en vacances, c'était la mi-août, et, ils m'avaient chargé d'arroser le jardin, les fleurs, récupérer le courrier, et, de dénicher la portée que la chatte avait planquée quelque part
Je finis par la trouver, j'ai un truc infaillible : j'imite le miaulement de la chatte, les petits répondent et ils sont localisés. Je mis les chatons dans un sac et les noyai. Ce n'est pas la tâche que je préfère, je n'ai rien d'un bourreau, je laisse cela volontiers à d'autres, mais là, j'ai dû le faire.
La chatte, plus rusée que la moyenne, n'avait pas mis tous ses oeufs dans le même panier, et je découvris une semaine plus tard un chaton déjà grand. Je n'eus pas le coeur de le tuer et je dus me résoudre à l'adopter.
J'étais alors en appartement, et je ne conçois un chat que libre d'aller et de venir. Je n'ai pas de poisson rouge, pas d'oiseau ni d'animal en cage, pas de chien en laisse. Je n'aime ni les cages, ni les bocals, ni les chaînes (sauf hifi et de vélo).
Pour permettre à mon chat, que j'avais prénommé Aldo, de s'ébattre sans le perdre, j'achetai un collier, une laisse et je l'emmenai en balade dans un bois. Sitôt sorti de la voiture, il planta les griffes dans le sol, refusa d'avancer, refusant toute entrave. Je retirai le collier, la laisse. Il me suivit jusqu'à la rencontre avec d'autres promeneurs et je le perdis de vue. Je l'appelai, pas de réponse.
Je rentrai et je retournai le chercher le lendemain à l'aube. Je dus monter sur un arbre pour le récupérer.
Suite à déménagement, Aldo put profiter du jardin des voisins et se montra particulièrement intéressé par leurs canaris
A son arrivée, il fut très mal reçu par les chats du quartier qui se liguèrent contre lui. Après de multiples bagarres, d'où il ressortait griffé et en sang, il finit par obtenir de haute lutte un bout de territoire où il régna, inexpugnable. Quand cela arriva, j'étais passé maître dans l'art de soigner et désinfecter les plaies et écorchures.
Il avait acquis une grande combativité.
J'étais descendu de chez moi avec le chat, un chien de bonne taille rodait dans la ruelle. Aldo s'interposa entre moi et le chien et le mit en fuite.
Je lui avais appris à faire le beau, et, debout sur les pattes arrières, il réclamait sa pitance.
C'était en outre un gardien et il miaulait lorsque quelqu'un arrivait devant ma porte. Je ne la fermais jamais quand j'étais chez moi, et, un voisin rentra un jour alors que j'étais dans une autre pièce. Il se trouva en face du chat, toutes griffes dehors, prêt à bondir. J'arrivai heureusement à temps pour éviter l'irréparable.
Je me suis rappelé cette anecdote lors d'un voyage récent. Sur le portail, était marqué : "chat méchant". Intrigué, j'ai demandé au propriétaire qui m'a confirmé que ce n'était pas une plaisanterie.
Aldo m'a aussi évité de me faire cambrioler.
Vers les onze heures, il se met à miauler, je l'interroge, il ne dit mot, j'éclaire la lumière extérieure, regarde, personne.
Environ une heure plus tard, même cinéma.
Deux heures du matin, rebelote.
Je me mets en colère contre le chat, me rendors.
Le lendemain, mon voisin m'annonce que les maisons autour de la mienne, dont la sienne, ont été visitées par des cambrioleurs, et me demande si j'ai entendu quelque chose.
Alors, je me rappelle, et, tout penaud, je lui dis que je n'ai rien entendu, mais...que par contre...
La déduction s'imposait, les coîncidences étaient trop troublantes, à chaque fois que les voleurs s'étaient rapproché de ma porte, le chat avait miaulé, la lumière s'était allumée, la fenêtre s'était ouverte, les voleurs avaient fini par renoncer à forcer ma porte.
Lors de ma convalescence, suite à un grave accident de voiture, Aldo et moi fîmes de longues promenades. Il adopta tout de suite ma compagne de l'époque, se laissa dorloter, prendre en photo.
Trop aventureux, il se retrouva pris, une patte coincée dans l'étau d'un piège à renard. Je dus le faire amputer, mais il ne put le supporter, refusa de s'alimenter et de boire, et s'éteignit au lever du soleil d'un lundi matin, sans que je n'aie rien pu faire.
Ce n'était qu'un chat, mais j'ai eu beaucoup de peine.
Je vois encore son dernier souffle, juste avant de se figer.Il avait râlé toute la nuit, je le tenais dans mes bras et ce fut dur de voir cette boule de poil, ce chasseur impénitent soudain sans vie.
Je raconterai la prochaine fois l'histoire de mon second et dernier chat (last but not least)
Amicales révérences aux dames et demoiselles, sincères salutations aux messieurs
Onc Kam


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