Post qui n'a rien  

rm_VOLCANIA17 55M
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8/30/2006 6:37 am

Last Read:
11/10/2009 8:48 am

Post qui n'a rien

Bon, ben, Elle, elle fait rien qu'à penser que je suis un incurable optimiste, avec du rose partout et une vision déprimante de la vie à force de la vouloir ensoleillée et joyeuse...

Ben, c'est pas vraiment ça.

Je résume: nous vivons dans un monde dominé par la violence, l'âpreté, la faim, la mort, les bombes, le pétrole, le CO2, avec une espérance de survie qui diminue chaque jour, des gouvernants qui ne gouvernent plus rien, de l'intelligence gâchée, des vies massacrés, des enfants chassés, des esclaves derrière un ordinateur sur un bureau appartenant à une compagnie appartenant à un fonds de pension appartenant à une retraitée du Minesota assise sur son fauteuil à bascule et tirant sur sa pipe et se disant: "Vas-y petit, j'ai besoin de fric pour ne rien foutre de ce qui me reste à vivre et surtout je ne veux pas que le monde change parce qu'on m'a mis dans l'idée d'avoir peur, maintenant, tout le temps, partout"

Un monde où la sortie de la guerre froide avait laissé entrapercevoir un ou deux ans la perspective de sortir des conflits et où les possédants nous ont bien vite trouvé un autre ennemi, l'islam en l'occurrence, pour nous faire passer les pilules qu'ils souhaitaient en requérant notre silence et notre acceptation sous peine d'accusation de trahison nationale,

Et qui comme l'ennemi s'avérait mou et sans audace ont fait tout ce qu'il fallait pour que le bon père de famille de la banlieue de Damas ou de Téhéran finisse par se dire que ce n'était pas si idiot que ça d'aller bouter les occidentaux hors d'Arabie qui faisait rien qu'à leur piquer leur terre, violer leur femme et humilier leurs hommes,

Un monde où la CIA peut décider de faire chuter un dirigeant qui avait décidé de prendre 50% des profits des compagnies pétrolières (pas du chiffre d'affaires) pour les investir dans les écoles et les routes (source: les Echos - Saga de l'Or Noir de ce mois d'aôut, remarquable)

Un monde où l'occupation principale juste après le sommeil et devant le travail (eh oui...) est de se vautrer face à une télévision débitant une propagande et un abrutissememnt digne des meilleures heures de l'impérialisme soviétique (et eux encore avaient à coeur d'alphabétiser les masses)

Un monde où n'importe quel voisin peut décider de se barricader entre ses murs, d'y installer des vidéos, des fils électriques, des alarmes, des chiens loups, que sais-je encore.

Un monde où quelques billets verts âprement gagnés valent plus que tous les talents et les intelligences, où donner ne se conçoit plus, où tout est propriété de quelqu'un jusqu'à la forme de mes hélices d'Adn, l'eau que je bois, les toilettes où je pisse et l'air que je respire, où la musique, lon d'être libre et sauter de tête en tête fait l'objet de trois ans de prison lorsqu'elle est donnée,

Un monde où les milliards d'êtres qui le dominent font tout ce qu'ils peuvent pour collectivmement démentir le fait qu'ils sont le sommet de l'évolution et devrait normalement réussir d'ici un epetite cinquantaine d'années à finir de détruire leur lieu de vie, (ecouter "les cow-boys fringants", groupe québequois qui a fait une chanson magnifique sur les instants du dernier homme sur la terre)

Un monde où le sexe ne rime pas avec joie, où l'amour pas avec toujours, où comprendre l'autre et s'en occuper, s'y attacher apparaît comme désuet et sans intérêt, sans honneur, le seul but étant de pouvoir avoir le nombre de zéros le plus élevé possible dans le comptage virtuel et électronique de nos avoirs,

un monde où même sa place dans les cimetières ets temporaire,

Un monde de peur, un monde de crainte.

Mais....

Mais voilà, les hommes et les femmes ne sont pas à leur place dans ce monde-là. Souchon chantait les foules sentimentales, nos coeurs vibrent au printemps, Shelley découbvre que la rencontre d'une nuit pour le prix d'une capote ne lui apporte rien d'autre que la satisfaction d'un tabou dominé, (et après?), comme quand on mange trop de sucettes après en avoir été privé si longtemps, Brune fait sa tendre avec l'autre et poursuit sa quête des esprits et des corps, Del tombe amoureux et le reste et construit, Marie se fait enlever au bras d'un beau danseur de tango argentin, je siffle ce matin en me levant.

Voila mon monde. Je ne veux plus me battre comme on m'a appris, je veux grandir différemment.

Les règles sont fixées par d'autres sans possibilité de recours, il y a une autre voie, c'est de renoncer à se battre sans jamais renoncer, de ne plus accepter les compromissions mais de chercher les compromis, d'êtr elucide, tout le temps, sur soi et sur les autres et de s'accepter et de les accepter pour ce qu'ils sont (imparfaits mais si beaux) et pas pour ce qu'ils devraient être pour combler nos névroses, de refuser la violence, même minime, même temporaire, comprendre qu'exercer la violence c'est déja avoir perdu, de prendre la vie comme elle est, de trouver les lumières dans les têtes des gens, de chercher la rencontre, de construire sa route, d'écouter le chant, de jouer la musique, d'écrire, de rêver, d'admirer sans toucher, de prendre la main pour un bout de route, de s'émerveiller d'un matin, d'une odeur de café sur une peau, d'un soleil qui n'en finit pas, d'un vent sur la montagne, d'un rire d'enfant dans la rue.

Résister c'est ne plus se battre, c'est refuser la peur, et marcher. Avancer. Aimer.

Et là, le monde se remplit de lumière, les portes fermées s'ouvrent, le regard s'aiguise, les sens se libèrent, les paroles d'il y a deux minutes ou d'il y a deux mille ans prennent leur sens, l'Autre se fait complice, proche.

Et puis, après, on partage. On partage parce que tant de beauté autour de soi, cachée par la peur et les pros de l'angoisse se révèle et domine son monde. Et on a alors envie de le dire, de le partager, de le crier: ouvrez-vous, laissez-vous aller, ne croyez pas tous ceux qui vous enferment, y compris vous-mêmes, aller chercher la Beauté autour de vous, touchez-la et laissez-vous entraîner.

Vous le valez bien.

Un monde en Blanc.


DouceShelley 51M/50F

8/30/2006 10:22 pm

Se laisser aller, fermer les yeus et rever... C'est ce que je fais de mieux jusqu'à ce que la réalité me tire de là...


Comedia_del_arte 49F
830 posts
8/31/2006 5:40 am

Alléluhia !!
Carpe diem

Comme toujours, superbe prose !

Jess


rm_elle1962 56F
2066 posts
8/31/2006 7:49 pm

Bonjour Volcania,

Elle, elle est entièrement d'accord avec ce que tu écris là, elle aussi conserve toutes ses indignations (pas forcément les mêmes que toi) et sa luciditié sur la marche du monde tout en ayant renoncé depuis longtemps à passer son temps dans la récrimination et l'activisme militant dans l'espoir illusoire de le changer, elle aussi essaie en revanche de vivre son quotidien positivement, pratique la bienveillance a priori, regarde les gens comme de probables futurs amis plutôt que comme de potentiels ennemis, tente de rendre plus belle sa vie et celle de ses relations à défaut de celle de l'humanité tout entière etc...

Elle aussi a l'ambition et essaie de se donner les moyens de faire de sa vie une belle aventure plutôt qu'un chemin de croix.

Par contre, quand quelqu'un lui fait état d'une souffrance psychologique, d'un malaise existentiel ou autre situation qui paralyse et assombrit la joie de vivre, elle prend ces souffrance et malaise au sérieux, elle part du principe qu'ils sont probablement légitimes et qu'elle doit essayer de proposer des solutions constructives. Elle ne pense pas ni ne dit : "C'est dans ta tête. Lâche prise et tout ira mieux. Ecris 100 fois "je suis heureux" et il n'y paraîtra plus. Le monde est blanc, je t'assure, tu dois être daltonien"

Je trouve justement que les gens crèvent de l'individualisme environnant qui consiste à ne pas laisser entrer les préoccupations des autres dans son champ de vision pour ne pas mettre en danger le fragile château de cartes qu'on a bâti soi-même pour s'en tirer. Cette attitude, c'est du retranchement, pas de l'ouverture.

Quand est ce qu'on en parle autour d'un repas, mon Volcania ? Parce qu'ici, c'est un peu limité pour développer cet important sujet qui, probablement, n'intéresse que toi et moi.

Gros bisous


DouceShelley 51M/50F

8/31/2006 9:38 pm

Elle faux ça interresse beaucoup de monde mais c'est trop compliqué d'en débattre ici comme tu l'as dit, et ce site est une récréation pour beaucoup d'entre nous...


kyarasmoonlight 49F

9/1/2006 12:24 am

J'adhère à tes propos Volcania.

Naïve?
Affirmatif! Mais est-ce vraiment un défaut?

Pouvoir faire abstraction des choses qui nous chagrinent ,tout en étant conscient qu'elles existent.
Ne plus s'obstiner à nager à contre-courant ,se laisser dériver pour mieux profiter du paysage.
Ouvrir les yeux sur le monde en prenant du recul ,ne plus être aveuglé pas le superflu et découvrir l'essentiel.

Je trouve ton message d'une grande sagesse!

Bises à toi


brunemignonne 54F
7887 posts
9/1/2006 3:13 am

L'individualisme environnant...j'ai l'impression que vous le subissez plus ou que vous en souffrez plus dans vos grande villes que chez nous!


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