Post qui n'a rien  

rm_VOLCANIA17 55M
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4/10/2006 8:04 am

Last Read:
11/10/2009 7:23 am

Post qui n'a rien

Mais, des fois, faut que ça sorte...

Bon, je résume, j'ai une vision de l'énergie potentielle de ceux qui nous entourent très positive. Je suis frustré de la mise à l'encan systématique des talents. Je m'attache depuis maintenant un an à donner un espace aux talents, jeunes ou moins jeunes pour qu'ils s'expriment et se développent. Et que notre doux et beau pays retrouve les moyens d'offrir au monde un futur qui soit hédoniste, joyeux et durable. Et ça marche, au-delà de toute espérance!!!

Alors, agacé, en réponse aux diverses invectives qui se sont échangés ces jours derniers, j'ai été amené à mettre en forme quelques-unes de ces frustrations:

Tous les papiers sortis sur la crise du CPE s'attachent à la nécessaire évolution de notre société mais ne disent pas grand-chose sur les remèdes éventuels et sur une solidarité peut-être plus forte entre les générations et les riches et les moins riches....

(Ils ne disent rien non plus sur la nécessité probable d'un modèle de dé-croissance qui permette effectivement de ne pas se retrouver sans eau. Et peut-être un jour sans air... )

Comme s'il n'y avait pour solution que d'entraîner les jeunes dans le désespoir ou le placard. Alors même que l'on a franchement besoin d'eux. Et que contrairement aux idées reçues comme quoi la main d'oeuvre est obligée de se taire parce qu'elle ne s'exporte pas, le comportement actuel des jeunes me fait penser qu'on risque de les voir tous partir très vite... Pour le plus grand bien, du développement de nos activités??? Au moins, on aura la paix, il n'y aura plus de contestation. Mais plus de forces vives non plus. Alors?

Après tout, ça fait trente ans qu'on nous explique que demain sera meilleur avec le libéralisme triomphant: le moins qu'on puisse dire est que le résultat laisse franchement à désirer.

Trente ans que l'on parle de crise et que l'on sacrifie tout ce qui n'est pas économique sur l'autel du profit.

Trente ans que la peur domine sur l'envie, la frustration sur l'accomplissement, la violence sur le dialogue, la prévarication sur l'hônneteté, le profit à court terme sur le développement, la mise en accusation sur le travail en commun....

Et que l'imagination a déserté totalement la tête de nos élites, financières et politiques.

Que le mot de réforme est aujourd'hui utilisé dans le projet de loi sur l'égalité des chances pour justifier le retour au travail de nuit de gamins de 15 ans. (bientôt 12 ans?) Comme chez Zola.

(Je hais ces détournements de langage au profit d'une idéologie sans but humain. Egalité des chances le fait de travailler de nuit à 15 ans, vraiment?)

Avec ces conneries, on va bien finir par se retrouver avec une dictature du prolétariat. Ou pire (de mon point de vue) une dictature crypto-fasciste.

Connaissant particulièrement bien les comportements des élites dirigeantes, je pense qu'il y a peut-être quelques voies possibles où les sacrifices seraient un peu mieux partagés. Ou en tout cas on pourrait retrouver un projet commun et non pas un monde où ce sont toujours les mêmes qui encaissent et les autres qui ont peur. Ou un monde où l'avidité du pouvoir et de l'avoir ne s'apparenterait plus de manière aussi évidente à une maladie psychique qu'à un comportement sain.

Parce que le problème de fond, c'est bien la peur qu'on essaie de diffuser à l'ensemble des gens.

Beuuurk!!! Je hais cette constance dans le fait de faire peur aux gens qu'ont tous les politiques de la planète, ça ne donne pas vraiment envie à nos gamins de prendre des risques.

On doit surement pouvoir retrouver une voie commune où:

- ce ne sont pas toujours les mêmes qui encaissent (politiciens, docteurs, agriculteurs, banquiers, actionnaires, retraités, fonds de pension...) et les mêmes qui paient (salariés de tout niveau, retraités sans complémentaire, assurés sociaux, entrepreneurs...),

- les mêmes qui trahissent et les autres qui sont honnêtes,

- les mêmes qui sont systématiquement désignés comme boucs émissaires (fonctionnaires, jeunes, artistes, immigrés...) et les autres comme étant sauveurs de l'univers et piliers de la "création de valeurs" (genre grands patrons qui encaissent jusqu'à 100 millions d'euros de stocks sans avoir démontré quoi que ce soit autre qu'une politique bien comprise de croissance de productivité, i.e. de réduction du personnel, mais c'est le "prix du talent", ou politiques qui trustent le pouvoir sans plus rien comprendre de ce qui les entoure et bloquent le renouvellement des générations en se soumettant à leurs lobbies (cf: Chirac et son mulot)

au profit d'une voie où l'échec conduirait à une démission obligatoire, où un mandat serait exclusif d'autres responsabilités, où l'on ne pourrait pas exercer plus de deux fois un mandat donné.

Tout ça me rappelle, pour l'avoir vécu de très près (et l'avoir prédit, si, si!!! mais, bon, j'étais jeune et encore brillant...), la fin du communisme quand les discours incantatoires prononcés par ceux qui savaient, par intelligence et par posture, que le système verrouillé par des vieillards cacochymes était en train de s'écrouler et détournait les mots au profit d'une gloire d'un système pour lequel l'angoisse de le voir s'effondrer justifiait toute aberration sémantique pour dissimuler l'état réel de décrépitude dans lequel il était.

Alors, oui, ça fait peur de ne pas savoir où nous allons finir, de savoir que notre monde est à sa fin et que l'avenir n'est pas écrit, et qu'il va falloir l'écrire, sans repères et sans but?

Alors, oui, le cri de ces jeunes, leur envie d'être libres et joyeux m'attire et me fait rêver à leur capacité, sans a priori, d'inventer un monde différent. En cela, je pense que la France est en fait en avance d'une révolution et non pas en retard comme on l'entend partout.

Alors oui, l'énergie et l'envie de faire chez les porteurs de projets que je croise (147 projets examinés en 8 mois!!!) est extraordinaire et vraiment porteuse d'espoir. Et décorrélée de leurs origines et de leurs moyens.

A condition qu'on leur laisse une place, juste et solidaire. Pas un placard précaire.

Que l'on réinvestisse dans le futur plutôt que dans le passé.

Que les retraités ne gagnent pas plus que les actifs comme c'est le cas depuis 15 ans.

Que les actionnaires ne gagnent pas plus que ceux qui travaillent comme c'est le cas depuis 10 ans.

Que la recherche ne soit plus verrouillée par quelques pontes ou multinationales avides.

Que les banques justifient enfin les avantages fabuleux qu'elles ont engrangés de la part des politiques (dont le moindre est l'interdiction de créer une banque qui ne soit pas filiale à 51% d'un établissement existant, ce qui limite pour le moins une concurrence pourtant indispensable chez ceux qui sont les chantres les plus actifs du capitalisme) en accompagnant la croissance et le futur et pas seulement les épargnants et les spéculateurs.

Qu'on fasse le ménage quoi, mais vraiment, en sortant tous ceux qui sont à l'origine de ces blocages et qui profitent tant de ce système.

Alors, oui, ma fille de 15 ans a manifesté, avec mon approbation et mon soutien, puisque le seul langage compris dans cette société est celui du rapport de forces. Peu importe le motif, le fait de voir l'énergie et la frustration enfin émerger mérite tout soutien.

Bon, allez, je m'arrête, si ça continue, je vais finir communiste, moi...
(

V.


Bon, allez demain, je ponds un texte érotique, ça me fera du bien... Bises à tous


bluefab2 55F

4/12/2006 1:42 pm

merci.


clandestino774 43M
115 posts
4/20/2006 11:53 am

On sent que tu es étais énervé en écrivant ça : tu as du mal à mettre des points dans tes phrases !

Ca fait du bien. A toi, certainement : on sent qu'il fallait que ça sorte. Mais à moi aussi (et j'espère, à d'autres) : tu te définis comme "entrepreneur" sur ta fiche et ça ne te ligote pas au MEDEF. Ces c***s là sont en train de nous réinventer la lutte des classes (D'ailleurs, que le CNPF ait été rebaptisé "Mouvement des Entrepreneurs" par un patron qui a laissé tomber le secteur industriel pour la finance pure m'a toujours paru abject).

Quand "on" libéralise un secteur, c'est toujours au profit des grands groupes (et au détriment de leurs salariés...) alors que les petites entreprises ne peuvent pas suivre (au détriment de leurs salariés...). Et quand "on" veut faire payer les "patrons", ce sont uniquement les petites entreprises qui morflent (au détriment de leurs salariés...).

Voilà, beaucoup de blabla pour ne pas dire mieux que Bluefab : "merci"


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