Nick nique sur Meetic et explique comment  

rm_elle1962 54F
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5/13/2006 9:22 pm

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5/21/2012 11:17 pm

Nick nique sur Meetic et explique comment

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13 Juin 2008 : A l'occasion de la récente sortie en poche de ce chef d'oeuvre du mauvais goût, je ressors des profondeurs de mon blog cet article vieux de deux ans où j'en faisais la critique :

...

Interrogative depuis pas mal de temps sur ce qui fait le succès et l’efficacité des sites Internet de rencontres, ça faisait un moment que j’étais à la recherche d’un livre disséquant les mécanismes de ce nouveau mode de mise en relation des individus en mal de compagnie et du phénomène d’addiction qu’il provoque parfois.

Moi, ce phénomène « de société » me pose plein de questions :
- à quoi tient cette familiarité immédiate qui se crée entre les participants et leur permet, à l’inverse de ce qui se passe dans la vie réelle, de dévoiler leur intimité, leurs fantasmes les plus secrets, voire leurs vices les plus inavouables, à de parfaits inconnus ;
- comment peut parfois se créer en très peu de temps, entre des personnes qui ne se sont jamais rencontrées et après deux ou trois tchats seulement, un attachement sincère, voire un coup de foudre ;
- comment se fait-il que, assez fréquemment, une complicité évidente et apparemment raisonnée, établie avec une personne lambda lors de tchats et échanges de mails successifs, se traduit par une déception cuisante lors de la première rencontre, de sorte qu’on a l’impression de rencontrer quelqu’un d’autre que l’interlocuteur qu’on avait tant apprécié précédemment ?
- comment fonctionne « l’illusion virtuelle » ?
- et enfin, en ce qui me concerne, comment se fait-il que depuis 1999, j’ai rencontré tous mes amants et même la plupart de mes nouveaux amis, exclusivement par ce moyen, que ce soit pour des histoires sérieuses (une relation de 18 mois notamment) ou plus éphémères ?

C’est donc en trépignant d’impatience que j’ai attendu la livraison du premier livre (à ma connaissance, peut-être imparfaite) traitant de la question : « Des souris et un homme » par Lewis Wingrove alias « Nick », paru chez Robert Laffont en octobre 2005, où l’auteur entreprend de nous raconter par le menu son expérience d’un an sur un site de rencontres bien connu. Je trouvais le titre judicieusement trouvé, ça s’annonçait bien. Mais ça n’a pas tenu ses promesses !

Comme ne l’indique pas son nom d’état-civil, «Nick » est français (certes de père anglais) et vit à Lyon. Sa photo en 4ème de couverture nous montre un quadra au physique avantageux et au sourire Ultra-Brite, façon George Clooney (même rictus de tombeur fan de lui-même). Passons sur ces détails : il paraît que c’est pas bien de préjuger les gens d’après leur physique…. Je me morigène et commence le bouquin avec le plus d’impartialité possible

L’auteur retrace en trois paragraphes (chapeau !) les 18 dernières années de sa vie amoureuse : 10 ans de mariage, puis deux relations « sérieuses » de deux ans chacune, dont l’échec de la dernière arrive même à ébranler (trois mois seulement, rassurez-vous) la belle assurance de notre Don Juan de pacotille. Il rebondit, et de belle manière : un beau matin, il se dit « Merde, essayons de nous amuser un peu maintenant ! ». Si j’avais été plus perspicace, c’est là, à la deuxième page du bouquin, que j’aurais arrêté ma lecture. Et que j’aurais compris que le choix de son pseudo ne devait rien à ses origines semi-britanniques ni à un sens de l’humour un peu lourdaud. Le contenu de son livre tient effectivement tout entier dans cette profession de foi : « Je me suis pris deux gamelles coup sur coup, et même trois avec mon mariage raté, maintenant, je vais faire parler la bête qui est en moi ». Bête, il l’est dans tous les sens du terme, ce pauvre garçon. Jugez plutôt !

Dans la forme, un style gerbant tellement il est « branchouille » : des mots et des bouts de phrases en anglais à toute occasion, aussi opportuns que des mouches dans un pot de miel (une mode qui dépasse Lyon, comme j’ai pu en juger par quelques tchats avec des correspondants parisiens que j’ai rapidement éjectés : ça me donnait des boutons) ; une vulgarité supposée souligner l’avant-gardisme du bonhomme (il « baise », il « nique », il ne fait jamais l’amour ; il rencontre des « nanas », jamais des femmes) ; des néologismes dont il espère qu’ils passeront à la postérité et lui rapporteront des royalties (vous apprendrez qu’une « bonne suceuse », ça s’appelle une « Chupa Queen », ah ah ah, et incidemment, que peu de femmes méritent cette distinction). J’ai dû en oublier.

Sur le fond, c’est à l’avenant.
- un chapitre 2 entièrement consacré aux « techniques de chasse ». Pas compliqué : c’est tout l’inverse des conseils avisés de Delirium sur le présent site . Nick, en mec organisé, tient des listes (je ne lui jette pas la pierre, j’en fais autant ), mais pousse le vice jusqu’à conserver sur son disque dur l’intégralité de ses discussions et de ses échanges de mails, répartit ses contacts dans divers sous-groupes du répertoire de son portable, avec sonneries distinctives associées lui permettant de faire le tri « à l’oreille » (futé, ce Nick), un astérisque devant le nom des favorites du moment pour un repérage visuel optimal, la possibilité de renvoyer les « seconds choix » directement sur son répondeur quand il est sur un meilleur coup (pour cette fonction avancée, il recommande Nokia), etc……..
- au chapitre 5, le classement à la Gault et Millau des 27 « gonzesses » que Nick a mis dans son lit pendant la petite année de son passage sur Meetic (parce qu’en plus, il affabule !) : chacune de ses conquêtes fait l’objet d’une fiche signalétique récapitulant sommairement quelques infos de base (âge, couleur des cheveux et des yeux ‒ c’est très important -, si c’est elle ou lui qui a branché l’autre le premier ‒ Nick est un gars exceptionnel, il est plus souvent contacté qu’il ne contacte), des appréciations de 1 à 4 étoiles sur le look, le physique et le visage de l’intéressée, sur les critères de Esprit/Complicité et de Chimie/Feeling, en combien de temps il l’a mise dans son lit, combien de fois il l’a « baisée », les performances sexuelles de la femelle si elles méritent d’être soulignées (c’est pas souvent) et combien de jours a mis l’historiette à s’achever. A la suite de la fiche, la même chose développée en mots. Cette revue de détail des 27 victimes occupe la moitié du bouquin, c’est rapidement l’overdose de mauvais goût
- le bouquin s’achève sur l’auto-promotion du Blog, devenu Forum, du talentueux niqueur, puis sur quelques conseils pour réussir aussi bien que lui, en particulier six pages de liste des musiques qui lui ont assuré le succès (celles qui ont servi de fond sonore à ses ébats).

Plus content de soi que ce bipède primitif, tu meurs !

A sa décharge, « Nick » est, nous dit-on en quatrième de couverture, créatif publicitaire free-lance, une activité dont on connaît les dommages collatéraux sur le maigre stock de matière grise des gens déjà prédisposés à l’imbécillité.

En attendant, je cherche toujours la grande enquête sociologique et/ou psychologique sur le thème des sites de rencontres. Si vous avez un conseil, je suis preneuse.

.


clandestino774 42M
115 posts
5/14/2006 9:26 am

Et pourquoi ne te lances-tu pas à écrire cette enquête ?

Tu as l'expérience qui convient et, maintenant, un "modèle" de ce qu'il ne faut pas faire !


brunemignonne 52F
7887 posts
5/14/2006 1:10 pm

J'ai eut ce livre entre mes mains...en même pas une heure j'en avais fait le tour....De ce Nick j'en ai pensé exactement la même chose que toi...Gerbant!

Oui comment se fait-il que nous rencontrions la majorité de nos amants à travers le net?
-Quand je sors c'est avec mes amis...et quand je sors avec mes amis et bien j'ai autre chose à faire que draguer!
-Toujours les mêmes cercles que je fréquente...dont finalement toujours un peu les mêmes têtes
-Le plus souvent les soirs en semaine je suis bloquée chez moi,alors forcément je suis souvent sur le net(je pourrai faire autre chose tu me dira....mais pas envie non plus)...et la suite tu la connais.

L'illusion virtuelle on apprends à la maîtriser finalement.Je me suis surprise en disant moi-même à cetains "hola!!! t'emballe pas si vite!..."


bluefab 54F

5/14/2006 1:50 pm

pour mettre un peu d eau a ton moulin voici la retranscription d un article publié dans l express en février:
Et Marc Simoncini créa meetic
"Plus de 6 millions de solitaires français branchés sur les sites de rencontres: ce n'est plus un épiphénomène, c'est une vague de fond. bien loin de la réputation sulfureuse des anciens Minitel roses, Internet est devenu un moyen privilégié des célibataires pour élargir leurs relations amoureuses ou amicales. Un passe-temps aussi banal que la pêche à la ligne: selon une étude de comscore Média Metrix, 25% des internautes fréquentent chaque mois les pages spécialisées qui prolifèrent sur le Web comme Netclub, Affection Plus, yahoo, Meetic ou mach-club. "Quand on a lancé notre site, il y a cinq ansn c'était encore une pratique très marginale qui touchait surtout les milieux branchés et urbain, se souvient Marc Simoncini, PDG de la société Meetic. Depuis, le phénomène a débordé sur toutes les couches de la population,des secrétaires aux avocats et des adolescents aux retraités."...
...Le secret de cette réussite? L'attention portée aux filles, qui comme en boite de nuit, bénéficient d'une entrée quasi gratuite- alors que les hommes doivent payer 25 euros par mois pour "voir"."Les femmes butinent aujourd'hui comme les garçons, note le PDG: ce sont elles qui font le premier pas et décident avec qui elles veulent ou ne veulent pas parler. L'essentiel de notre travail consiste à les rassurer,et pour cela on surveille". Au siège de Meetic, à Boulogne, 60 employés parlant 9 langues sont chargés de vérifier en permanence les fiches etles photos pour éliminer les annonces mensongères ou grossières.
Résultat : autrefois timide, la clientèle féminine représente pratiquement la moitié des abonnés, (alors les macs arretez de vous plaindre , vous savez pas chercher , lol)...
...Un quart des amateurs de flirt en ligne ont moins de 24 ans: ces jeunes s incrivent mais fréquentent très peu le site. Les 25-40 ans représentent le gros des troupes - près de la moitié des conectés. Enfin, les 40 et plus, divorcés, veufs ou célibataires endurcis, constituent le dernier quart: une catégorie en forte expansion, qui passe plus de temps que les autres à surfer....

si je trouve mieux je te ferais signe
mais a mon avis avec un bon moteur de recherche tout est déjà sur le net
bise


rm_pseudomyme 46M
50 posts
5/14/2006 3:14 pm

Ton Nick me rapelle le Berny de Brunemignone ...


rm_framb37 48F
1165 posts
5/14/2006 3:39 pm

coucou, idem avec Brune... lu et chose assez amusante, je recherche moi aussi un livre/rencontres sur le net...donc si tu as l'info avant moi....
En ce qui me concerne je me suis mise aussi faute de temps à faire des rencontres sur le net...
françoise


rm_zardoz437 63M
71 posts
5/15/2006 12:12 am

Il y a un article dans « psychologies magazine » qui parle des rencontres sur Internet.

Voici le lien (Dites-moi si vous pouvez y accéder) :

"http://AdultFriendFinder.com=5375"

Il y a aussi d’autres articles dans ce magazine qui traitent le sujet.

Pourquoi, Elle, ne fais-tu pas ta propre enquête ?

Je pense que tu as le talent qu’il faut pour accomplir cette tâche.


rm_zardoz437 63M
71 posts
5/15/2006 6:25 am

Visiblement il y a eu un probléme sur mon post précedent !!!

Il y a un article de « psychologies magazine » qui parle des rencontres sur Internet.

Voici le lien (j’ai ajouté du code HTML dans le post, j’espère que cela va marcher !):

http://AdultFriendFinder.com=5375

Il y a aussi d’autres articles dans ce magazine qui traitent le sujet.

Pourquoi ne fais-tu pas ta propre enquête ?

Je pense que tu as le talent qu’il faut pour accomplir cette tâche.


rm_zardoz437 63M
71 posts
5/15/2006 8:12 am

J’ai l’impression qu’il est impossible de fournir des URL de sites Internet dans les Posts.

Celle que j’ai fournie a été substituée (2 fois) par celle de AdultFriendFinder.

Quelqu’un a-t-il une solution pour transmettre l’adresse de l’article de « psychologies magazine » ?

Si c'est impossible je ferai un couper/coller du texte de l’article.


rm_zardoz437 63M
71 posts
5/15/2006 8:15 am

Si cela vous intéresse, bien sûr !


riddick742 42M

5/15/2006 6:05 pm

J'ai des fois l'impression que le net fonctionne à l'inverse de la vie réelle: sur le net on doit apprendre à se connaitre d'abord si on veut se voir. Ds le réel on se voit d'abord et ensuite on apprend à se connaitre...ça peut peut-être expliquer certaines sensations d'alchimie qu'on a lors d'échanges de mails ou par msn...
qu'en pensez-vous?....


rm_zardoz437 63M
71 posts
5/16/2006 9:07 am

Voici la retranscription de l'article de Ségolène Barbé de PSYCHOLOGIES MAGAZINE.
Je trouve l'étude intéressante.


Sites de rencontres : y aller ou pas

Les sites de rencontres sur Internet ont détrôné les petites annonces. Des millions de célibataires s’y bousculent chaque jour, mais certains résistent encore. Ils invoquent quatre raisons pour ne pas se lancer. Nous avons trouvé les quatre arguments contraires pour tenter l’expérience.

Cachés derrière leurs pseudos, ils sont des dizaines de milliers à rejoindre chaque jour la grande foule sentimentale du Net, en quête de quelqu’un avec qui partager son lit… ou sa vie. D’autres, plus sceptiques, rechignent toujours à intégrer la communauté des célibataires branchés sur Meetic, Match ou Netclub. Pourquoi tant de réticences ? Parmi toutes les « bonnes » raisons invoquées pour ne pas se lancer, nous en avons retenu quatre, auxquelles répondent quatre raisons, non moins valables, d’y aller quand même… ou comment changer de regard sur ce mode de rencontre des temps modernes.

1 C’est risqué…
« Je nique sur Meetic » (1) : c’est avec ce blog au titre évocateur qu’un Lyonnais de 44 ans fraîchement divorcé a tenu des milliers d’internautes en haleine, et ce grâce au récit imagé de ses ébats sexuels avec des femmes rencontrées sur le site. C’était début 2005. Depuis, Lewis Wingrove, alias Nick, a fait de son blog un livre à succès "Des souris et un homme" (Robert Laffont, 2005) et sans doute conforté pas mal de « clients » potentiels dans l’idée que le net se prête davantage à la gaudriole qu’à l’amour-pour-la-vie. Soupçonnés de n’attirer que des hommes mariés en quête d’aventures, des obsédés sexuels… voire des pervers, les sites de rencontres ont hérité bien malgré eux de l’image de marque peu reluisante du Minitel rose des années 1980. Ainsi, 86 % des Français estiment que « ce n’est pas sûr, on ne sait pas sur qui l’on peut tomber » (Sondage Ifop/Meetic, octobre 2004).

« Certaines femmes qui viennent consulter me disent : “Sur Internet, il n’y a que des ringards, des tordus, je n’ai pas envie d’être harcelée” », raconte la psychothérapeute Saïdeh Reza, qui entend dans son cabinet de plus en plus de « candidats » au Net.

… Non, pas plus que dans la vraie vie :

« De 2002 à 2004, j’ai passé deux ans à enquêter sur le sujet, et j’ai véritablement vu les mentalités évoluer, raconte le sociologue Pascal Lardellier, auteur du Cœur Net, célibat et amours sur le web (Belin, 2004). La méfiance vis-à-vis d’Internet a nettement perdu de sa vigueur : puisque l’on y fait tout, alors pourquoi ne pas y chercher aussi l’âme sœur ? Aujourd’hui, tout le monde connaît au moins une personne qui a tenté l’expérience. »

Chercher un amoureux derrière son écran semble moins tabou, puisque l’on y croise monsieur et madame Tout-le-Monde. La quête de l’amour virtuel devient un sujet de conversation avec les collègues ou entre copains. « J’imaginais que l’on n’y trouvait que des hommes de second choix, ou encore des hommes douteux. Eh bien c’est vrai, il y en a, mais il y a aussi des hommes très bien », assure Myriam, 43 ans. Sur ces sites, les célibataires trouvent finalement ce qu’ils viennent y chercher, comme dans la vraie vie : des aventures, et des relations plus sérieuses.

2 C’est la honte…
« J’entends souvent cette réflexion : “Je suis pas mal, je suis bien dans ma peau, qu’est-ce que j’irais faire sur Internet ? Je ne suis pas tombé si bas…” Elle démontre une résistance narcissique importante », analyse Saïdeh Reza. Le net apparaît comme la bouée de sauvetage, le dernier recours, l’ultime solution, parfois douloureuse pour l’image de soi. Beaucoup reconnaissent son efficacité, mais surtout pour les autres…

« C’est l’idée du “Je n’ai pas besoin de ça”, la peur de passer pour un handicapé relationnel », commente Pascal Lardellier. Malgré le formidable battage médiatique orchestré autour du net sentimental, certains ont encore des scrupules à rejoindre la confrérie douteuse de ces « désespérés de l’amour », réduits à
pianoter derrière leur écran dans l’espoir de trouver enfin chaussure à leur pied. Ceux qui franchissent le pas ne peuvent s’empêcher de se justifier : « Il faut bien vivre avec son temps », « Ma meilleure amie a tellement insisté », etc. Une manière comme une autre de démystifier la recherche, d’y introduire de la légèreté en se persuadant que l’on y va « juste pour voir »…

… Non, c’est être honnête avec soi-même :

« Il y a quelque chose de l’ordre de l’interdit, du surmoi, analyse le psychanalyste Loïck Roche, auteur d’In Bed With the Web (avec Yannick Chatelain, Chiron, 2005). C’est une transgression importante de sa propre image, qu’il faut parvenir à dépasser. C’est un peu la même démarche qu’une personne qui s’autorise à aller faire une psychanalyse, il faut d’abord qu’elle accepte le fait qu’elle a besoin d’aide. »

« Les célibataires endurcis se font souvent une vie en solo remplie d’activités, ils se convainquent qu’ils n’ont pas forcément besoin de quelqu’un. S’inscrire sur un site de rencontres, c’est revenir sur cette assurance », explique la psychologue Sabrina Philippe, qui dispense des conseils personnalisés aux membres du site Parship. Aller sur Internet, c’est reconnaître un manque, arrêter de se mentir à soi-même. Cette prise de conscience ne peut être que bénéfique et n’exclut pas d’avoir par ailleurs une vie sociale digne de ce nom.

3 Je ne vais intéresser personne…

A l’idée de remplir leur fiche signalétique sur Internet, certains ont l’impression de se brader, d’autres, au contraire, de surestimer leurs capacités de séduction. « Certains me disent : “Je ne vais intéresser personne, je ne sais pas écrire”, raconte Saïdeh Reza. C’est un problème plus féminin que masculin. Les hommes ont moins de scrupules à mettre leur photo, alors que les femmes ne se trouvent pas photogéniques et ont souvent tendance à se dénigrer. » Même s’il est fréquent de se rajouter quelques centimètres, de se délester de quelques kilos, de quelques années, ce face-à-face avec soi-même est parfois pénible." Les gens ont le fantasme d’y aller incognito, et ils sont renvoyés à quelque chose de très basique : leur physique, leurs fautes d’orthographe " commente Loïck Roche.

… Au contraire, c’est bon pour l’ego :

Une fois franchi le cap de l’inscription, le site de rencontres devient souvent un formidable vecteur de confiance en soi, un booster d’ego qui rend accro. « Je suis resté sept ans avec ma copine, alors j’avais besoin de voir si je plaisais toujours, raconte Mike, 34 ans. C’est vite devenu une drogue. Chaque soir, je m’arrête dans un cybercafé pour voir si j’ai de nouveaux messages. Pour moi, c’est comme une petite thérapie. »

« Beaucoup de membres nous disent : “Sur votre site, je n’ai peut-être pas trouvé la personne que je cherchais, mais j’ai repris confiance en moi” », explique Sabrina Philippe. Paradis des timides ou des déçus de l’amour, Internet permet de rentrer en douceur dans le grand jeu de la séduction, de réapprendre à parler d’amour sans prendre trop de risques. « Je peux parler de tout sans rougir, raconte Samantha, 19 ans. Si quelqu’un ne me plaît pas, je le zappe tout de suite, il me suffit de cliquer sur la petite croix sans avoir à me justifier. » « Sur Internet, c’est moins dur de perdre la face », commente Pascal Lardellier.

4 C’est un « tue l’amour »…

« Cette soirée, j’y suis vraiment allée en traînant les pieds, et puis je suis entrée et je l’ai vu… » La rencontre amoureuse, celle de nos rêves d’enfants ou des contes de fées, est toujours due au hasard. Difficile ensuite de se dépêtrer de ces rêveries un brin fleur bleue pour aller « se vendre » sur la Toile. « J’espère que je ne serai jamais amenée à rencontrer quelqu’un par Internet, explique Anita, 21 ans. Tous les jours, on peut rencontrer un tas de gens, rien qu’en allant au boulot. Où sont passés les rêves de rencontres insolites, comme le coup de foudre pour le conducteur de la voiture que l’on vient d’accrocher ? »
Avec sa fiche d’inscription aux allures de fiche produit, Internet nous ramène à la réalité d’une manière un peu trop crue : 60 % des Français stigmatisent d’ailleurs le net comme « peu romantique » (Sondage Ifop/Meetic, octobre 2004). « Les relations humaines ne sont pas une marchandise de supermarché, souligne Krystel, 38 ans. Je ne suis pas un produit avec une date limite de fraîcheur, que l’on évalue, achète, jette, teste et échange quand on n’en veut pas. » Certes, la variété de ce « supermarché amoureux » peut sembler grisante au premier abord, mais trop de choix tue parfois le choix…

« Sur le web, il y a tellement de possibilités que cela ne donne pas envie de faire d’efforts pour quelqu’un, de prendre des risques, commente Alain, 36 ans. Si ça ne marche pas, on se dit que l’on retrouvera vite quelqu’un d’autre. Finalement, toutes les filles deviennent interchangeables. »

… Non, c’est un vrai lieu de rencontres :

Avec des millions d’abonnés aux quatre coins du monde et un taux de renouvellement impressionnant (Meetic compte par exemple près de quatorze millions d’inscrits dans treize pays d’Europe et plus de vingt-trois mille sept cents nouveaux inscrits chaque jour (source Meetic, 2005), ces sites sont une formidable opportunité de rencontrer des gens différents, qui n’auraient jamais croisé notre route dans la vraie vie. Et si les marivaudages virtuels sont parfois jugés peu romantiques, ils ne sont qu’un prélude à la vraie rencontre, avec ses déconvenues ou ses papillons dans le ventre. Le net permet juste de baliser un peu le terrain. « On n’a pas envie de se vendre, de faire l’article de soi-même, et pourtant, dans la vie, nous le faisons aussi, remarque la psychothérapeute Saïdeh Reza. Ce qui dérange, c’est que, sur le web, cela se fait de façon plus ostensible, plus consciente. »

Plutôt que de rêver à un hypothétique prince charmant, pas toujours pressé d’arriver, Internet ramène à l’ici et au maintenant. « Introduire de l’efficacité dans la rencontre amoureuse dérange, mais c’est aussi une manière de reprendre sa vie en main, assure Cécile Moulard, directrice du marketing de Meetic. C’est ce que j’appelle la “Meetic attitude”, c’est-à-dire la possibilité de trouver quelqu’un sans peser sur sa famille ou ses amis, de reprendre le contrôle de sa vie. Ecrire des messages à des inconnus, c’est également une façon de s’écrire à soi-même, de mieux comprendre ce que l’on recherche. » S’inscrire sur un site de rencontres, c’est bien souvent remettre en question l’image que nous avons de nous-même, la vision que nous avons de l’amour… mais cela peut aussi devenir une chance de se confronter à soi-même, à ses désirs profonds… et plus si affinités.

Qui sont-ils ?
A l’époque de leur lancement, ces sites attiraient surtout les catégories socioprofessionnelles favorisées. Aujourd’hui, le phénomène a gagné quasiment toutes les couches de la société

Quel âge ont-ils ?
Les 28-40 ans représentent le cœur de cible, mais les seniors commencent à s’y mettre. A titre indicatif, chez Meetic, 32 % des inscrits ont entre 18 et 24 ans ; 42 % entre 25 et 34 ans ; 21 % entre 35 et 49 ans ; et 5 % plus de 50 ans.

PORTRAIT PSY :
Le facteur psy devient un allié de taille dans la quête de l’amour virtuel. Nouveau site « de rapprochement amoureux par affinités psychologiques et sociologiques » lancé en novembre dernier, Ulteem by Meetic explore ainsi pas moins de soixante et onze critères.

Objectif : dresser de vous un portrait d’une précision quasi chirurgicale pour trouver celui ou celle qui vous correspond le mieux. Une précision également de mise sur Parship, avec un test de personnalité, une analyse psychologique et unaccompagnement individuel par une psychologue. Au tarif de cent quarante-neuf euros les six mois, l’amour n’a plus grand-chose à voir avec le hasard…
Ségolène Barbé
février 2006


rm_elle1962 54F
2066 posts
5/16/2006 11:58 am

Bonsoir Zardoz. Il m'intéresse, l'article dont tu parles, je t'envoie mon adresse mail dans ta BAL AdultFriendFinder.

Sinon, pour ceux qui ont la bonté de me trouver assez de talent pour écrire l'enquête sérieuse que je souhaiterais lire sur le sujet (pour répondre aux questions que je me pose au début du post), je réponds que je n'ai aucun bagage psychologique ou sociologique pour le faire.

Riddick, l'hypothèse que tu avances n'explique pas l'ILLUSION de connivence ou d'alchimie qui se crée dans ces dialogues à distance entre inconnus. Merci quand même de ton effort pour faire avancer le Schimilimili....blick .


ohoui63 53M

5/17/2006 10:43 am

Peut être aussi que le chimilimili nique nick?


rm_rabelais95 58M
131 posts
5/17/2006 4:09 pm

C'est vrai, il y a peut-être illusion de connivence.. qui tient à ce que le facteur visuel n'entre qu'assez peu en ligne de compte.. Or il passe plein d'informations dans le corps de l'autre au moment de la relation réelle.. les yeux, les mains, l'attitude du corps, la bouche, tout fait signe, et contredit parfois ce qui se dit... La forme d'un visage, déjà connote tout un tas de choses : le milieu socio-professionnel, l'âge, la santé, la maturité, la propreté, la netteté, l'engagement, la vivacité, la bonté, l'autorité, et j'en passe... qui sont autant de signes entrant dans des choix inconscients du partenaire idéal. Certains psychanalistes parlent de la rencontre de deux névroses pour le coup de foudre. Je le crois aussi. Pourquoi suis-je souvent attiré par les mêmes types de femmes (et réciproquement ? ) Sur internet, on élargit son champ de recherche, c'est vrai, et on s'exprime donc plus aisément car on n'est pas dans une sorte d'urgence de séduction.. Si l'autre est lassé, cela ne se voit pas. Il coupe la communication, et c'est tout. C'est moins risqué qu'une rencontre réelle.
Autre facteur de connivence : la même motivation. Mais c'est aussi le cas lors des soirées organisées par certains sites. Reste qu'au réel, le jeu de la séduction dans ces conditions revient à la même "danse" (comme dirait Sartre) que lors des sorties normales en boite. C'est pourquoi les meetic s'ingénie à trouver AUTRE CHOSE qui sont ces jeux de mise en relation..


VOLCANIA17 54M
1350 posts
5/18/2006 8:16 am

Jolie, la photo sur la péniche.


rm_elle1962 54F
2066 posts
5/19/2006 5:15 am

Volcania, t'as de beaux yeux, tu sais

Par contre, ils ne voient pas bien : il n'y a pas de péniche, ni dans ce fil, ni sur ma photo si c'était à elle que tu faisais référence.


VOLCANIA17 54M
1350 posts
5/19/2006 3:30 pm

Ben alors, c'est quoi le teck? Un truc en bord de Saône? A vienne? Racontes!

Sinon, t'as de belles jambes... mais tu le sais!


rm_zardoz437 63M
71 posts
5/19/2006 5:47 pm

Pour ajouter un autre éclairage aux réflexions de Elle1962, j’ai reproduit ci-dessous une enquête de Laurence RAVIER de « Psychologies magazine » publiée en Novembre 2005.
Dans cet article on comprend mieux les motivations, des hommes et des femmes mariés ou vivant en couple, à rechercher d’autres partenaires sexuels sur Internet,ainsi que les problèmes d’addiction que cela peut engendrer.
On essaie également de répondre à la question : Cliquez est-ce tromper ?


Cliquer, est-ce tromper ?

Sites pornos, cybersexe : la sexualité par ordinateurs interposés compte de plus en plus d’adeptes, et vient chambouler la vie des couples installés. Enquêtes sur une nouvelle forme d’infidélité.

Je surfe sur la Toile depuis plus de dix ans et j’ai vite découvert que cet outil s’avère formidablement puissant pour assouvir ses vices, raconte Pascal, marié depuis vingt ans et père de trois enfants.

Tout est permis
En deux ou trois clics, on passe dans un monde où pratiquement tout est permis : vidéos pornos à profusion, pratiques variées, rayons blondes, brunes, rousses, Asiatiques, Blacks, femmes mûres, partouzeurs… tous les gabarits ; bref, le grand supermarché. » Douze millions d’internautes sont aujourd’hui connectés à domicile via le haut débit. Et pour celui ou celle qui rêve de s’offrir une petite escapade extraconjugale, les tentations sont infinies et à portée de clic. Mais pas sans risque…

Une nouvelle forme d’infidélité ?
Que ressentent ces hommes et ces femmes en pianotant sur leur clavier, alors que leur compagne ou leur conjoint dort peut-être dans la pièce à côté ou regarde la télévision ? Surfer sur des sites de rencontres, consulter sa messagerie, brancher sa webcam quand l’autre travaille ou s’occupe des enfants… Est-ce là une nouvelle forme d’infidélité ? Cliquer, est-ce tromper ? « Non, répond Alex, marié depuis deux ans. Parce que je ne rencontre jamais physiquement les femmes avec qui je “chatte”. Et lorsque je suis avec ma compagne, je ne pense qu’à elle. Et nous faisons souvent l’amour. »

Secret, culpabilité...
Damien, grand amateur de sites pornos, qui surfe pour se défouler quand sa femme n’a pas envie de faire l’amour, n’a pas non plus le sentiment de la tromper, mais avoue un sentiment de culpabilité à se masturber trop souvent devant son écran d’ordinateur.

« Bien sûr que l’on peut parler d’infidélité, avance Alain Héril (auteur de "Journal d’un sexologue" Courrier du livre, 2003), psychothérapeute et sexologue. Quand, dans un couple, l’un des partenaires commence à se cacher, à consacrer du temps à un ou une autre, même via l’ordinateur, il se désinvestit de l’espace intime. Et en dépossède également celui ou celle qui vit avec lui. Les femmes que je reçois se sentent toujours trompées. Et elles imaginent leur compagnon menant une vie parallèle très riche, plus intense que celle de leur couple. D’ailleurs, ajoute-t-il, j’accueille dans mon cabinet de plus en plus de patients confrontés à un partenaire qui passe beaucoup de temps à visiter des sites érotiques sur Internet. En règle générale, les hommes surfent, les femmes viennent me consulter. »

Logique : selon Catherine Solano, sexologue, « pour un homme, regarder des images excitantes est un autre monde, qui n’influence pas, ne pollue pas sa relation de couple ». Les femmes, en revanche, ont tendance à « vivre dans un seul monde où tout se mélange ».

Le clic infidèle
Pour le psychanalyste Loïck Roche, ce n’est pas celui qui surfe qui déterminera si son clic est infidèle, mais celui qui ne surfe pas. Pauline sait que son mari visite des sites pornos : « Cela ne me dérange pas tant que nous avons toujours une vie sexuelle tous les deux. A la limite, je préfère même qu’il regarde des filles faire des fellations dans des positions avilissantes et qu’il ne me demande jamais ça à moi. Je considère que cela fait partie de ses fantasmes et que c’est son monde à lui. »

Pour Isabelle, en revanche, le choc a été rude. « Je me suis sentie trahie, humiliée, salie. Par ce qu’il visionnait, mais également par le fait qu’il ne m’en ait jamais parlé. Lorsque je l’ai découvert, ce fut pour moi un déclic, une prise de conscience de la profondeur du mal-être de notre couple, et cela a précipité notre séparation. »

Passage à l’acte
Bon nombre des internautes pratiquant le cybersexe ne passent cependant jamais à l’acte, ne franchissent pas la barrière du virtuel. Pascal a entretenu une liaison avec sa cybermaîtresse pendant plus d’un an sans jamais la rencontrer. Dès ses premières visites sur un site, Alex annonce qu’il est marié et qu’il ne souhaite pas de rencontres physiques, même s’il se masturbe devant d’autres femmes par le biais de sa webcam.

« Le virtuel offre une très grande protection et procure un indéniable sentiment de déculpabilisation puisqu’il n’y a pas toujours de rencontre charnelle, analyse Alain Héril. Et l’on se rassure en se disant que l’on peut y mettre fin à tout moment, simplement en déconnectant son ordinateur. Peut-on d’ailleurs parler de sexualité quand il n’y a pas de corps à corps, pas de confrontation avec l’autre ? Le cybersexe s’apparente finalement à une forme d’engagement désengagé : on va loin dans le fantasme avec l’autre, mais on ne le fait qu’avec soi. Cela induit une sexualité très narcissique, liée aux pratiques masturbatoires. »

Le fantasme tient en effet une très large place dans la pratique de tous ces internautes. Beaucoup le reconnaissent, ils ne feraient pas un dixième de ce qu’ils écrivent à leur cyberpartenaire. « Internet invite certainement beaucoup d’hommes et de femmes à exprimer un certain nombre de pulsions sexuelles, qu’ils assouviraient peut-être ailleurs, dans l’alcool ou la violence, et ces petits arrangements pulsionnels permettent de libérer la pression », souligne Jean-Marie Sztalryd, psychanalyste et responsable de l’enseignement de sexualité humaine à l’université de Paris-XIII (auteur de "L’Intime civilisé" L’Harmattan, 1994).

Mais qui dit cybersexe dit bien souvent cyber dépendance
Pascal attendait impatiemment que sa femme et ses enfants quittent la maison pour se précipiter sur son ordinateur qui, toute la nuit, avait téléchargé de nouvelles vidéos. « J’avais toujours ce besoin de jouir encore plus, une vraie drogue, besoin de ce flash de mon éjaculation. Mais la descente devenait à chaque fois plus rapide, alors j’en voulais plus, tellement plus que je me suis retrouvé à surfer chez les terribles : les SM, les zoophiles, les scatos, les bas-fonds du web… »

Pour lui, le sevrage a été brutal : plus de connexion à Internet, puis plus d’ordinateur pendant plusieurs mois. Une abstinence qui lui a permis de redécouvrir une nouvelle intimité avec sa femme. « Pendant toutes ces années de surf dont elle n’a jamais rien su, nous avons toujours continué à faire l’amour. Mais aujourd’hui, nous avons redécouvert une sexualité plus ludique, plus créative. Je fais plus attention à son plaisir qu’au mien. »

Bien des couples ne résistent pourtant pas à cette intrusion du web dans leur intimité.
« Quand l’un des deux partenaires commence à avoir une autre relation, même virtuelle, c’est toujours difficile à vivre. Cela remet en face de sa vie de couple, note Jean-Marie Sztalryd. Mais si des sentiments et une envie d’avancer ensemble existent encore, il est toujours possible de rebondir. La parole est alors essentielle, quitte à faire le point avec un thérapeute. Malheureusement, beaucoup de couples demeurent très silencieux. »

Valérie n’a pas hésité à interpeller son mari dès qu’elle a découvert ses fréquentations sur le web. « Ce fut une grande claque, je me suis sentie aussi trahie que s’il m’avait trompée. J’ai décidé de crever l’abcès dès le soir même. Une fois la colère passée, nous avons parlé. J’ai peu à peu compris que nos vingt-deux ans de vie commune avaient érodé notre vie de couple. Je ne faisais pas assez d’efforts, je ne le sollicitais guère pour faire l’amour. J’ai donc eu la curiosité de m’inscrire avec lui sur quelques sites, ce qui a contribué à nourrir nos fantasmes et nos envies, et à relancer un processus de séduction égaré. Notre chance était qu’il existait beaucoup d’amour entre nous et qu’il fallait seulement revenir l’un vers l’autre. » En chair et en os.

TEMOIGNAGE
Delphine : « Je suis allée très loin dans ces rencontres »
Ce sont surtout des hommes qui ont répondu à l’appel à témoins lancé sur notre site. Une exception : Delphine, enseignante, mariée depuis dix ans et mère de deux enfants.
« A l’époque, j’étais obèse, avec un passé de boulimique. Je m’ennuyais dans mon mariage et j’avais la sensation de subir ma vie. J’ai commencé à discuter sur un forum et, rapidement, des hommes m’ont complimentée sur mes talents d’écriture. Pour la première fois, j’ai eu le sentiment que je pouvais être séduisante.

Tout s’est alors enchaîné. Je dialoguais avec des inconnus ; s’ils me plaisaient, je les rencontrais l’après-midi même. Je suis toujours restée lucide car je n’attendais pas le prince charmant. Internet me donnait une sorte de surpuissance. J’étais connectée en permanence, aidée en cela par un époux qui ne voulait rien voir. Mes filles, en revanche, en ont beaucoup souffert, car je passais tout mon temps disponible devant mon écran. J’étais devenue dépendante. Je suis allée très loin dans ces rencontres, jusqu’à me retrouver attachée dans une chambre, avec deux inconnus.

Un jour, j’ai rencontré un homme différent. Il est mon amant depuis un an. J’ai tout arrêté, les “chats”, les forums, les rencontres. Mais je ne regrette rien. Je n’ai jamais été aussi authentique que dans tout ce que je racontais. Je n’endossais aucun rôle, je m’écrivais. Je suis en thérapie. J’ai compris que j’avais vécu avec ma boulimie, avec mon mari, avec Internet, avec les hommes. Aujourd’hui, j’ai envie de vivre avec moi. »

FACE CAMERA :
Notre journaliste a testé les rencontres par webcam.

« Installée devant mon ordinateur, il me suffit de taper « Rencontres par webcam » sur un moteur de recherche pour trouver mon bonheur. Je crée mon pseudo, "Chercheuse" ‒ tant qu’à faire jouons le jeu ‒, je ne mets pas de photo, pas question, je clique dans la case hétéro, et c’est parti !

Une multitude de photos d’hommes s’affichent sur mon écran. En l’espace de vingt secondes, ils sont une trentaine à défiler, des hommes qui se proposent de parler, de jouir, de regarder, de se montrer… Des messages salaces, vulgaires, explicites ou dignes du prince charmant. Je clique sur l’un d’entre eux, une fenêtre s’ouvre, « Jm69 » apparaît : environ 25 ans, torse nu, il est manifestement installé dans sa cuisine. Il entame le dialogue, je le vois réagir à la lecture de mes messages. Non, je n’ai pas de webcam, elle est en panne, en revanche, je peux le regarder. Cela a l’air de lui plaire. C’est étonnant, perturbant et très rapide. Trente secondes plus tard, il est prêt à me montrer son sexe.

Je ferme la fenêtre, je passe à un autre… Lui est dans sa chambre. Habillé. Le lit défait. Au bout de trois échanges du style « Tu veux du sexe ? », je me déconnecte… Il est 11 heures du matin, un jour de semaine. A cet instant, deux cent trente-neuf hommes sont branchés sur ce site, en attente devant leur webcam. »

LE net PAS TRES net :
• Combien ?
Il existerait près de deux cent soixante millions de sites à caractère porno dans le monde. Un marché qui devrait générer en 2006 un chiffre d’affaires de soixante-dix milliards de dollars (1).

• Qui ?
Issu de l’industrie du porno, le business du sexe on line se montre aussi peu regardant sur les conditions de travail de ses acteurs que sur l’accès à ses contenus, en théorie réservé aux adultes.

• Quoi ?
Après les webcams, dernière innovation en date : l’arrivée du cybersexe sur les téléphones portables…

(1). Selon Yannick Chatelain, enseignant-chercheur en marketing on line

A LIRE :
________________________________________
In Bed With the Web de Yannick Chatelain et Loïck Roche.
Un enseignant-chercheur en stratégie et marketing et un psychanalyste plongent dans le monde des rencontres virtuelles et du cybersexe pour mettre à jour les mécanismes de ce nouvel adultère et dénoncer les enjeux économiques qui lui sont liés. (Chiron éditeur, 2005)

Laurence Ravier
novembre 2005


rm_elle1962 54F
2066 posts
5/20/2006 6:43 am

Merci Zardoz d'avoir reproduit cet article et d'alimenter la discussion sur ce sujet.

L'article en question n'est pas fait pour lever mes réticences à l'égard du magazine "Psychologies Magazine" ; je le trouve très réducteur, presque avec des relents de morale victorienne.

Ce que l'article ne cherche pas à comprendre (c'est un comble pour un magazine qui prétend explorer les ressorts psychologiques de tout comportement), c'est ce qui motive ces personnes à "tromper en cliquant". Et pourtant, s'il n'y a pas à la base une insatisfaction dans le couple, il n'y a pas non plus de relation virtuelle avec quelqu'un d'autre.

D'autre part, l'article présente une vue très parcellaire des choses qui tombe dans le lieu commun. Les relations virtuelles d'un membre du couple ne sont pas réservées aux hommes, loin s'en faut. Et ces relations virtuelles, chez les hommes comme chez les femmes, ne visent pas systématiquement à "se rincer l'oeil" ou à assouvir des pulsions sexuelles. C'est bien plus souvent, à mon avis, l'assouvissement d'un besoin de contact, de dialogue, d'échange, qu'on ne trouve plus avec son propre conjoint.

A mon avis, quand on découvre que son conjoint fait des "infidélités" par Internet, la chose qu'il faut se dire, ce n'est pas : "Il(elle) me trahit, quel(le) salop(e)" ; c'est plutôt : "Pourquoi a t'il(elle) besoin de ça ? Qu'est ce qui lui manque dans notre relation ? Comment en sommes nous arrivés là ? Dialoguons".

@Volcania : la photo est prise au seuil de la maison d'un ami qui avait mis aimablement sa chaise longue à ma dispositon pour profiter d'un rayon de soleil.


rm_zardoz437 63M
71 posts
5/21/2006 8:41 am

Merci Elle1962, pour ton analyse sur le dernier article de « Psychologie magazine » que j’ai reproduit sur le site.

Tu as vu juste sur les principales motivations qui m’ont conduit à me connecter sur AdultFriendFinder.

Mais il faut que la volonté de communiquer ainsi que celle de vouloir se remettre en cause existe de part et d’autre.


VOLCANIA17 54M
1350 posts
5/21/2006 2:32 pm

En fait, tromper, c'est quoi, exactement?


rm_elle1962 54F
2066 posts
5/21/2006 6:44 pm

Tromper ? C'est mentir.


VOLCANIA17 54M
1350 posts
5/22/2006 1:05 am

Bon, alors, ça va, je ne trompe pas. lol.


rm_desiree7878 41M
2 posts
1/2/2009 12:57 am

ce ton point de vue la vie en couple a ces haut et ce bas et l herbe a l air toujours plus verte ailleur mais quand de la virtualite l on passe au reeel


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