Culpabilit  

rm_bibendum56 60M
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7/15/2006 10:12 am
Culpabilit


La culpabilité est, avant toute chose, la peur de perdre.

Lorsque l’on a commis une « faute », qu’elle soit réelle (blesser quelqu’un) ou induite par l’autre (c’est de ta faute si… ce qui nous fait nous sentir coupable est que nous avons peur de perdre l’amour d’autrui, l’estime, la confiance… en fait nous avons peur de nous retrouver seuls. Nous sommes des êtres grégaires, nous nous construisons et existons par le regard de l’autre. Lorsque ce regard désapprouve nos actes, nous craignons d’être délaissés.

Si l’on arrive à regarder sa peur en face, quelle que soit la forme qu’elle prend, nous aurons déjà moins tendance à nous sentir coupable de tout ce qui arrive à l’autre. Chacun est responsable de ses actes quels qu’ils soient. « C’est de ta faute si je n’ai pas pu faire ce que je voulais, si j’ai raté cela… », NON, c’est tout simplement par ce que je n’en ai pas eu le courage, parce que j’avais peur de… Regardons en face nos peurs : peur de perdre l’amour de nos parents qui voudraient que l’on soient ce que eux n’ont pas pu être, peur d’être jugé par nos amis qui voudraient que l’on soient à leur image, peur du courroux céleste, d’aller en enfer, de souffrir, de mourir… Soyons attentifs à nous même. Soyons égoïstes. Car en étant égoïstes de cette manière là, nous pourrons voir que l’autre, dans toute sa différence, est comme nous : il a peur et la peur rend aveugle, elle rend agressif et violent. Cessons donc d’être aveugles et nous cesserons de nous sentir coupables.

Plus facile à dire qu’à faire, certes. Surtout lorsque l’acte commis est grave. Je pense, par exemple, à une histoire qui m’a été contée : un homme, pendant la guerre, a un jour joué un mauvais tour à l’un de ses compagnons en lui donnant une grenade dégoupillée. Son compagnon l’a prise en toute confiance et n’a vu que trop tard qu’elle était sur le point d’exploser. Il a voulu la jeter, mais il était trop tard. Il a perdu ses deux bras et la vue.
J’ai bien sûr pensé à la souffrance de cet homme qui s’est retrouvé handicapé pour une bêtise (mais la guerre elle-même, n’est-elle pas une bêtise !), j’ai aussi pensé à la souffrance de celui qui a commis cet acte irréparable. Il lui a fallu vivre le restant de sa vie avec la culpabilité d’avoir rendu un compagnon handicapé.

Le processus reste le même. Du côté de celui qui a été blessé, il y a la souffrance physique tout d’abord, puis la souffrance psychologique. Il se retrouve dans l’incapacité d’accomplir nombre d’actes de la vie quotidienne, il devient différent des autres et peut avoir peur d’être rejeté, de ne plus être aimé, d’être pris en pitié… Le handicapé fait peur parce que l’on ne veut pas être comme lui, ayant été valide il connaît bien ce sentiment et a peur de la peur des autres. Il peut de ce fait développer de la rancœur envers le responsable de ce qui lui arrive. Cette rancœur peut se transformer en haine d’autrui et lui ôter toute possibilité d’être heureux un jour. Alors qu’en regardant les faits tels qu’ils sont : la responsabilité de celui qui lui a tendu la grenade et sa propre responsabilité de n’avoir pas porté attention au fait qu’elle était dégoupillé, il pourra pardonner et ne pas vivre dans le passé en regrettant ce qui aurait pu être.

Du côté de celui qui a tendu la grenade, il y a la culpabilité d’avoir blessé quelqu’un physiquement. Il a été jugé, soumis à l’opprobre, rejeté sûrement par la communauté à laquelle il appartenait. La peur d’être seul, de ne plus être aimé, d’être condamné à l’enfer éternel, s’il est croyant, se concrétise. Porter ce lourd fardeau est en soit une damnation à vie, avant d’être éventuellement éternelle. S’il regarde sa peur en face, il acceptera le jugement d’autrui en considérant lui aussi les faits tels qu’ils se sont passés : sa responsabilité pleine et entière dans le fait d’avoir commis un acte bête qui est devenu irréparable. En reconnaissant tout cela : les faits, la peur que l’on a de leurs conséquences, il pourra faire face à sa peur et demander pardon. Car demander pardon lorsque l’on a commis un acte grave pour l’autre, est le premier pas vers la libération. Ce n’est pas endossé la culpabilité comme on pourrait le penser. C’est se libérer. C’est ne plus avoir peur que l’autre nous rejète. Et tant pis s’il ne pardonne pas. Car accorder son pardon est de la responsabilité de l’offensé et celui qui a commis l’offense ne peut rien faire d’autre que de demander pardon.

Le sentiment de culpabilité reste, lorsque l’on ne peut se pardonner à soi-même. C’est la dernière étape et la plus difficile, car cela renvoi encore une fois à la peur. Une peur viscérale, si profondément ancrée en nous qu’on préfère le plus souvent l’ignorer : la peur de la mort. Elle se décline ensuite sous différente forme : peur d’être seul, peur d’être malade, peur de souffrir…

Regarder en face sa peur c’est se permettre de considérer nos actes avec toutes leurs conséquences, sans fuir d’aucune façon. C’est en acceptant de ne plus fuir que l’on pourra finalement se pardonner à soi-même, indépendamment du pardon d’autrui. De là viendra la libération.

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Culpability = fear

The culpability is in my opinion, first of all, the fear of losing.
When one made a “fault”, that it is real (to wound somebody) or induced by the other (it is of your fault if… what makes us feel guilty is that we are afraid to lose the love of others, the regard, confidence… makes some we are afraid to only find us. We are gregarious beings, we build ourselves and exist by the glance of the other. When this glance disapproves our acts, we fear to be forsaken.
If one manages to look at his fear opposite, whatever the form that it takes, we will tend already less to feel us guilty all that arrives at the other. Each one is responsible for its acts whatever they are. “It is of your fault if I could not do what I wanted, if I missed that… ”, NOT, it is quite simply by what I did not have of it courage, because I was afraid of… Let us look opposite our fears: fear of losing the love of our parents who would like that one are what them could not be, fear of being judged by our friends who would like that one are with their image, fear of the celestial ire, to go in hell, to suffer, die… Let us be attentive with us even. Let us be egoistic. Because while being egoistic in this manner there, we will be able to see that the other, in all its difference, is like us: it is afraid and the fear returns blind man, it makes aggressive and violent one. Thus let us cease being blind and we will cease feeling us guilty.
Easier to say than to make, certainly. Especially when the made act is serious. I think, for example, with a history which was told to me: a man, during the war, has one day played a nasty trick with the one of his companions by giving him a taken the pin out grenade. His/her companion took in all confidence and saw only too late that it was about to explode. It wanted to throw it, but it was too late. It lost its two arms and the sight. I of course thought of the suffering of this man who found himself handicapped for a silly thing (but the war itself, is not it a silly thing!), I also thought of the suffering of that which made this irrevocable act. It should have lived the remaining one of its life with the culpability to have made a companion handicapped.
The process remains the same one. Side of that which was wounded, it there with the physical suffering first of all, then the psychological suffering. It is found in the incapacity to achieve a number of acts of the everyday life, it becomes different from different and can be afraid to be rejected, not to be liked more, to be taken in pity… The handicapped person frightens because one does not want to be like him, having been validates it knows this feeling well and is afraid of the fear of the others. He can of this fact of developing rancour towards the person in charge for what arrives to him. This rancour can change of hatred of others and remove any possibility to him of being happy one day. Whereas by looking at the facts such as they are: the responsibility for that which tightened the grenade and its own responsibility to him not to have paid attention with the fact that it was taken the pin out, he will be able to forgive and not to live in the past while regretting what could have been. Side of that which tightened the grenade, it with the culpability to have wounded somebody there physically. He was considered, subjected to the opprobrium, was surely rejected by the community to which he belonged. The fear of being alone, not to be liked more, to be condemned to the hell eternal, if it is believing, is concretized. To carry this heavy burden is in is a damnation with life, before being possibly eternal. If it looks at its fear opposite, it will accept the judgement of others by considering to him also the facts such as they occurred: its full and entire responsibility in the fact of having made a stupid act which became irrevocable. By recognizing all that: the facts, the fear which one has their consequences, it will be able to face its fear and be sorry. Because be sorry when an act was made engraves for the other, is the first step towards the release. It is not endorsed the culpability as one could think it. It is to release itself. It is more not to be afraid but the other us rejète. And so much worse if it does not forgive. Because to grant its forgiveness is responsibility for offended and that which made offence can nothing make of other but be sorry.
The guilt feeling remains, when one cannot forgive oneself with oneself. It is the last most difficult stage and, because that reference once again with the fear. A visceral fear, so deeply anchored in us that one generally prefers to be unaware of it: fear of death. It is declined then in different form: fear of being only, fear of being sick, fear of suffering…
To look opposite its fear is to allow itself to consider our acts with all their consequences, without fleeing in any way. It is while agreeing more not to flee that one will be able to finally forgive oneself with oneself, independently of forgiveness of others. From there the release will come.

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