POLYAMOUR : D  

couple_tendresse 29M/34F
12 posts
5/8/2006 2:55 am
POLYAMOUR : D

Le Polyamour est un néologisme qui traduit l'idée d'« amours multiples ». Il a été créé indépendamment par plusieurs personnes, parmi lesquelles Morning Glory Zell Ravenheart, qui introduit le terme de « relations polyamoureuses » dans son article A Bouquet of Lovers, de 1990. Jennifer Wesp démarra le newsgroup Usenet alt.polyamory en 1992. Néanmoins, des occurrences de ce terme ont été repérées depuis les années 1960. Le mot Polyamour, a été crée par l'association Polyamour.

L'idéal du polyamour est une relation sentimentale honnête avec plusieurs partenaires simultanément. Les personnes impliquées dans ces relations se disent polyamoureuses, ou plus simplement poly. Le terme est cependant plutôt anglais, les francophones parlant plus volontiers d'amour libre ou non-exclusivité.

Types de Polyamours
Les types de polyamours comprennent:

La Polyfidélité, dans laquelle plusieures relations sentimentales et sexuelles sont restreintes à certains partenaires spécifiques dans un groupe.
Les Relations secondaires, qui distinguent les relations « primaires » des « secondaires » (par exemple, le mariage ouvert).
La polygamie, polygynie ou polyandrie, par laquelle une personne contracte un mariage avec plusieurs époux, eux-mêmes liés, ou non, par d'autre mariages.
Les Relations de groupe ou Mariages de groupe, par lesquels tous les membres d'un groupe se considèrent également liés les uns aux autres. Le concept est illustré dans Stranger in a Strange Land, de Robert A. Heinlein, et par Robert Rimmer
Réseaux de relations entre des personnes d'accord sur l'« amitié sans Frontières ».
Certaines personnes en relation sexuelle exclusives peuvent se qualifier de polyamoureuses, si leurs attachement émotionel est dédié à plusieurs personnes (amour platonique).

Les valeurs du Polyamour
Par contraste avec le cas général de l'échangisme, les relations polyamoureuses supposent des attachements sentimentaux, encore que les distinctions entre échangisme et polyamour soient sujettes à débat. La plupart des gens appartenant aux deux communautés les considèrent comme des domaines d'un continuum d'intimité et de sexualité ouvertes, bien que d'autres estiment que la notion « d'échange » soit résolument opposée à celle de « non possession » généralement liée à la vie polyamoureuse.

À noter que les valeurs décrites ici sont des « idéaux » : comme avec tous les idéaux, leur réalisation est parfois incomplète et imparfaite – néanmoins, des trahisons graves des idéaux d'une relation polyamoureuse sont généralement condamnées avec la même vigueur que celles de n'importe quelle relation.

Franchise et respect
La plupart des monogames définissent la fidélité comme l'engagement envers un partenaire unique (à la fois), à l'exclusion de tout autre partenaire sexuel pendant la relation. La plupart des polyamoureux définissent la fidélité par la franchise et la prévenance envers leurs partenaires, et par la fidélité aux engagements pris envers ces partenaires.

La plupart des polyamoureux mettent l'accent sur le respect dû à tous les partenaires. La rétention d'information (même un arrangement du type « on ne se demande rien, on ne se raconte rien ») est mal vue, car il suppose que les partenaires ne se font pas confiance pour voir la vérité. Les partenaires du partenaire doivent être acceptés, et non seulement tolérés.

Dialogue et consensus
Comme il n'y a pas de « modèle standard » pour les relations polyamoureuses, les partenaires peuvent avoir des conceptions différentes de la façon dont la relation devrait fonctionner. Si elles ne sont pas discutées, des divergences peuvent grandement nuire à la relation. Pour cette raison, la plupart des polyamoureux conseillent de discuter explicitement les règles de base de la relation avec les personnes qui sont concernées.

Par contraste avec d'autres types de relations « négociées », les polyamoureux voient souvent le consensus comme un processus dynamique qui évolue tout au long de la relation.

Dans des relations plus conventionnelles, les partenaires peuvent se mettre d'accord sur un certain nombre de conditions de base sans les négocier explicitement, simplement en suivant les conventions sociales habituelles (un mari et une femme s'appuient financièrement l'un l'autre, par exemple). Néanmoins, la plupart des choses doivent le plus souvent être négociées plutôt qu'être considérées comme acquises.

Les polyamoureux prennent souvent une approche pragmatique de leurs relations ; ils considèrent inévitable que l'un ou l'autre des partenaires va tôt ou tard commettre une maladresse ; lorsque cela arrive, les dégâts sont réparés par la discussion.

Non-possession
Les relations conventionnelles sont souvent décrites en termes de contrôle et d'appartenance : « tu m'appartiens ». Ceci implique que les gens ont le droit d'imposer des restrictions à la liberté de leur partenaire, et toute autre relation est une menace, puisqu'elle remet ce contrôle en question. Ceci induit des sentiments de jalousie qui sont typiquement exacerbés dans le contexte d'une relation polyamoureuse.

Pour cette raison, l'aspect « possessif » des relations est considéré comme une chose à éviter (on peut évaluer simplement les chances de succès de la relation en se demandant quel serait le sentiment que susciterait l'arrivée d'un nouveau partenaire dans la vie d'un amant : peur ou joie ?).

Bien que la non-possessivité soit une composante importante de bien des relations polyamoureuses, elle n'est pas aussi universelle que les valeurs décrites plus haut. Il existe des alternatives, parmi lesquelles les relations primaires et possessives combinées par des relations non-possessives (la plupart des mariages ouverts), ou les relations asymétriques dans lesquelles la « possessivité » est à sens unique.

Relations ouvertes
Le terme de relation ouverte désigne une relation (typiquement entre deux personnes) dans laquelle les partenaires sont libres de prendre d'autres partenaires. Lorsque le couple qui fait cet accord est marié, on parle de mariage ouvert. Les relations ouvertes et le polyamour ne sont pas identiques :

Certaines relations mettent des restrictions strictes sur les partenaires (la polyfidélité par exemple) ; ces relations sont polyamoureuses, mais non ouvertes.
Certaines relations permettent les relations sexuelles en-dehors de la relation primaire, mais pas l'amour (l'échangisme, par exemple). Ces relations sont ouvertes, mais non polyamoureuses.
Certains polyamoureux refusent la dichotomie entre « relation / non-relation » et « partenaire / non-partenaire », ce qui élimine l'utilité de la notion de relation ouverte ou fermée.
Cependant, les similitudes entre les deux concepts sont suffisantes pour que le terme « relation ouverte » soit utilisé comme généralisation pour parler de polyamour aux gens qui n'en sont pas familiers.

Critiques du Polyamour

Objections religieuses

La plupart des grandes religions interdisent les relations multiples. Même les religions non monogames n'autorisent d'habitude qu'une seule forme de mariage – le plus souvent la polygynie. Les chefs religieux ont peu parlé du polyamour, mais ceci est probablement dû au fait que le polyamour est peu connu dans le grand public, en regard de questions similaires, comme l'homosexualité. Il est possible que cela change si le polyamour devient mieux connu.

Division de l'amour
L'un des arguments les plus courants contre le polyamour vient de l'idée selon laquelle lorsque l'amour est partagé entre plusieurs personnes, il est d'une certaine façon diminué. D'après The Ethical Slut, les polyamoureux appellent cet argument « l'argument de l'économie de famine » – ainsi nommé car il considère l'amour comme un bien matériel, comme la nouriture, qui ne peut être offert à une personne qu'en en privant une autre.

Les polyamoureux refusent cette conception de l'amour, en arguant de ce que l'amour n'est pas diminué par la division. Un exemple souvent invoqué est le parent qui a deux enfants et n'en aime pas moins l'un des deux à cause de l'existence de l'autre.

Un point de vue intermédiaire est que la relation sentimentale demande temps et énergie, ressources dont aucune des deux n'est infinie. Ainsi, bien qu'il soit possible d'aimer deux personnes aussi bien qu'une seule, il y a un stade au-delà duquel les relations souffrent.

Taux d'échec
L'un des autres arguments courants est que les relations polyamoureuses ne sont jamais stables. Bien qu'il soit difficile de produire des statistiques précises sur la longévité des relations polyamoureuses, comparées aux relations monogames, il faut noter que cet argument est très vulnérable aux pré-conceptions de l'observateur.

On notera aussi que les relations polyamoureuses ne sont pas neccessairement faites pour durer. Si une relation s'arrête, c'est OK, il n'y a pas de jugement à priori à ce sujet. Les polyamoureux ne font généralement pas étalage de leur nature, soit pour éviter l'hostilité de la société, soit par discrétion. Les relations ne deviennent ainsi souvent notoires qu'au moment de leur fin. Celles qui fonctionnent restent souvent cachées, et sont ainsi ignorées de l'observateur.

L'une des raisons pour lesquelles ces relations ne sont pas rendues publiques tient peut-être au fait que, comme dans les relations homosexuelles, ceux qui n'inclinent pas à accepter de telles relations pourraient juger de l'acceptabilité du « type » de relation sur la base d'un exemple particulier d'échec d'une relation – alors même que, par exemple, peu de gens émettent des jugements sur l'échec du mariage hétérosexuel traditionnel sur la base d'un seul exemple de divorce.

Ce type de critique est souvent fondé sur l'observation de relations à plusieurs partenaires qui ne se qualifient pas à proprement parler comme polyamoureux. L'accent mis en polyamour sur la franchise, le dialogue et le respect n'est pas toujours évident aux observateurs extérieurs, alors même que les relations qui manquent de ces qualités ont effectivement toutes les chances de mener à des désastres.

Pour finir, les critères des participants pour définir une relation réussie peuvent ne pas s'accorder avec ceux définis par la monogamie traditionnelle : toute relation qui enrichit la vie de ses participants est bonne pour un polyamoureux, durer ne se pose donc pas comme une exigence vitale comme dans la plupart des couples traditionnels.

Incapacité ou lâcheté devant l'engagement
Le polyamour est parfois considéré comme une incapacité à s'engager, ou une lâcheté devant une promesse durable – particulièrement l'engagement à l'exclusivité sexuelle à vie, comme dans le mariage ou le concubinage monogame traditionnel.

Cependant, les polyamoureux considèrent souvent qu'ils se lient par plusieurs promesses, ce qui se traduit par la profession de foi – « Les polyamoureux sont fidèles à tous leurs amants » – d'une façon similaire à celle par laquelle un parent est lié par amour à tous ses enfants.

Polyamoureux célèbres
Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir


Become a member to create a blog