Commedia dell'Arte  

Comedia_del_arte 47F
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8/16/2006 4:35 am

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8/25/2006 1:57 am

Commedia dell'Arte

La Commedia dell'Arte est un théâtre anti-littéraire: elle se joue non à partir d'un texte rédigé à l'avance, mais d'un simple canevas, d'un "scénario". A partir de là, les acteurs improvisent, construisent un dialogue. La pièce est ainsi une sorte de création collective.

Dans ce système tout repose sur l'acteur. Le succès dépend de la vivacité de ses répliques, et de leur à propos. Encore faut-il que ses partenaires ne lui gâchent pas maladroitement ses effets: ils doivent savoir s'effacer au bon moment ou au contraire intervenir promptement pour l'aider lorsque l'inspiration lui fait défaut.
Cela suppose dans la troupe, une grande unité, une grande solidarité, qui rendent difficile le remplacement d'un comédien.
La perte de l'un d'eux est toujours une catastrophe pour la troupe. Car l'aptitude à jouer sur le champ suppose une longue pratique : quand on n'a pas de texte, il arrive que l'on soit pris de court. Il existe alors des techniques pour combler le vide : on peut faire des grimaces ou des contorsions, mimer une suite d'épisodes, ou avoir recours, aux lazzi. Ce sont des gestes ou des plaisanteries stéréotypées, comme de donner une gifle avec le pied ou de puiser dans un chapeau des cerises imaginaires pour en jeter les noyaux au visage du partenaire, à moins que , comme Arlequin, on ne préfère attraper une mouche au vol et la croquer avec délice.

Cela fait toujours son effet. Car, dans ce théâtre la parole n'est pas en définitive la ressource essentielle.
C'est la "composition" de son personnage, son allure, son costume et sa façon de se tenir, qui décident du succès.

Le côté comique (de ce théâtre) réside dans les ridicules ou les monstruosités de la nature, dans les visages déformés, les nez caricaturaux, les fronts pointus, les crânes chauves, les longues oreilles, les jambes torses.
Ces défauts peuvent être reproduits au moyen de masques ou par l'art, et sont aussi risibles lorsqu'ils sont copiés, qu'ils sont tristes et pitoyables dans la vie. Tout est donc dans le jeu et les subtilités de l'apparence: la base de ce théâtre, c'est la caricature populaire.

La Commedia dell'Arte présentait le reflet de la vie populaire: dans le Pantalon qui vient d'entrer en scène le spectateur reconnaît son voisin ou son propriétaire. A cet égard, elle est vraiment un théâtre de la rue: elle nous présente des types dans lesquels s'incarne la malice populaire.

On peut tous paraître, on peut tous porter notre costume, nous pouvons tous prôner le fait que nous ne voulons pas être commun...
La réalité est toute autre : nous ne sommes que des êtres humains et nous sommes tous pareils.
Vouloir être différent ? Par rapport à quoi ? A qui ?
Notre individualité réside dans notre manière de penser, d'appréhender la vie... Mais nos choix, nos aspirations sont, somme toute, identiques.

Des choses qui n'ont rien en commun ont pourtant ceci de commun : qu'elles n'ont rien en commun.
(Philippe Geluck)... Amusant non ?


Comedia_del_arte 47F
830 posts
8/19/2006 10:38 am

C'est ce qu'on appelle les diverses représentations jul nan ?


rm_jul05 59M
3392 posts
8/19/2006 3:40 am

oui la vie est un eternelle recommencement mais avec de multiple variations


Comedia_del_arte 47F
830 posts
8/19/2006 3:17 am

Mais la Vie est aussi une gigantesque représentation, nan ?
C'est comme cela que je la vois en tous les cas


patrick_lorraine 55M

8/18/2006 5:56 am

Très intéressant ton article, on comprend bien en te lisant que le Théatre est vraiment un acte de création, à chaque représentation.


Comedia_del_arte 47F
830 posts
8/17/2006 12:55 am

patrick : excellent


patrick_lorraine 55M

8/16/2006 6:45 am

Léandre le sot,
Pierrot qui d'un saut
De puce
Franchit le buisson,
Cassandre sous son
Capuce,

Arlequin aussi,
Cet aigrefin si
Fantasque,
Aux costumes fous,
Les yeux luisant sous
Son masque,

Do, mi, sol, mi, fa,
Tout ce monde va,
Rit, chante
Et danse devant
Une frêle enfant
Méchante

Dont les yeux pervers
Comme les yeux verts
Des chattes
Gardent ses appas
Et disent :
"A bas Les pattes !"

L'implacable enfant,
Preste et relevant
Ses jupes,
La rose au chapeau,
Conduit son troupeau
De dupes !

Paul Verlaine (Colombine)


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